Éditorial hebdomadaire
Bancs de neige : chronique d’une panique subventionnée
Publié le : 2025-12-29 13:35:21
Au Québec, le banc de neige n’est plus un amas de neige. C’est un enjeu de société. Un symbole. Un prétexte. Un danger existentiel. Chaque hiver, on assiste à la même comédie : dès que la neige dépasse la hauteur jugée psychologiquement acceptable par un comité quelconque, la province entre en mode alerte mollet.
On parle de « visibilité compromise » comme si les automobilistes n’avaient jamais tourné la tête avant 2024. On évoque des « risques accrus » avec un sérieux religieux, sans jamais préciser pour qui, comment, ni à quelle fréquence. Mais peu importe : le mot risque suffit à déclencher la mécanique bien huilée de la peur institutionnelle.
Et la peur, au Québec, c’est un carburant renouvelable.
Les bancs de neige sont soudainement devenus plus dangereux que l’inattention, le cellulaire au volant ou les pneus d’été en janvier. Curieusement, ils sont aussi beaucoup plus faciles à réglementer : ils ne protestent pas, ne votent pas et fondent au printemps. Ennemi parfait.
Derrière ce théâtre hivernal, un autre banc — beaucoup moins visible — grossit tranquillement : le banc de profits assurantiels. Chaque banc de neige est une occasion en or pour rappeler que le monde est périlleux, que tout peut arriver, et que votre prime, elle, doit absolument grimper. Le lien entre le risque réel et le montant payé? Purement décoratif. L’important, c’est le sentiment d’insécurité, soigneusement entretenu comme une pelouse municipale.
On vous explique, très sérieusement, que vous payez plus pour être « mieux protégés ». Traduction : vous payez plus parce que vous êtes encore en vie et que vous n’avez rien réclamé. Félicitations, votre prudence est pénalisée.
Le plus savoureux dans cette folie blanche, c’est la prétention de vouloir éliminer le risque dans une province bâtie sur six mois d’hiver. On ne veut plus apprendre à vivre avec la neige. On veut l’éradiquer, la domestiquer, l’assurer, la cartographier et s’indigner qu’elle revienne l’année suivante.
Le banc de neige, lui, n’a rien demandé. Il est là, comme chaque hiver depuis des siècles. Il ne bouge pas. Il ne ment pas. Il ne facture rien.
Contrairement à ceux qui crient au danger pendant qu’ils encaissent.
On parle de « visibilité compromise » comme si les automobilistes n’avaient jamais tourné la tête avant 2024. On évoque des « risques accrus » avec un sérieux religieux, sans jamais préciser pour qui, comment, ni à quelle fréquence. Mais peu importe : le mot risque suffit à déclencher la mécanique bien huilée de la peur institutionnelle.
Et la peur, au Québec, c’est un carburant renouvelable.
Les bancs de neige sont soudainement devenus plus dangereux que l’inattention, le cellulaire au volant ou les pneus d’été en janvier. Curieusement, ils sont aussi beaucoup plus faciles à réglementer : ils ne protestent pas, ne votent pas et fondent au printemps. Ennemi parfait.
Derrière ce théâtre hivernal, un autre banc — beaucoup moins visible — grossit tranquillement : le banc de profits assurantiels. Chaque banc de neige est une occasion en or pour rappeler que le monde est périlleux, que tout peut arriver, et que votre prime, elle, doit absolument grimper. Le lien entre le risque réel et le montant payé? Purement décoratif. L’important, c’est le sentiment d’insécurité, soigneusement entretenu comme une pelouse municipale.
On vous explique, très sérieusement, que vous payez plus pour être « mieux protégés ». Traduction : vous payez plus parce que vous êtes encore en vie et que vous n’avez rien réclamé. Félicitations, votre prudence est pénalisée.
Le plus savoureux dans cette folie blanche, c’est la prétention de vouloir éliminer le risque dans une province bâtie sur six mois d’hiver. On ne veut plus apprendre à vivre avec la neige. On veut l’éradiquer, la domestiquer, l’assurer, la cartographier et s’indigner qu’elle revienne l’année suivante.
Le banc de neige, lui, n’a rien demandé. Il est là, comme chaque hiver depuis des siècles. Il ne bouge pas. Il ne ment pas. Il ne facture rien.
Contrairement à ceux qui crient au danger pendant qu’ils encaissent.
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Le temps des Fêtes et les citoyens de Saint-Jean : retrouver l’essentiel
Publié le : 2025-12-15 06:47:24
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Mise-à-jour : 26 janvier 2026
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